LITTERATURE ADULTE

Une constellation de phénomènes vitaux, d’Anthony Marra, aux éditions Le livre Poche

Une constellation de phénomènes vitaux, Anthony Marra

Bonjour tout le monde ❤ 

Ce roman, j’ai pris un sacré bout de temps pour le finir. Une constellation de phénomènes vitaux, d’Anthony Marra, m’a suivie pendant un mois dans mon sac, posé sur ma table de chevet, ou sur le canapé. Aujourd’hui je vous parle d’un roman poignant.

Une constellation de phénomènes vitaux, Anthony Marra, éditions Le livre Poche

L’histoire en quelques mots : 

« En 2004, dans un village de Tchétchénie, Havaa, une fillette de huit ans, cachée dans les bois, voit des soldats russes emmener son père et brûler sa maison. Akhmed, voisin et ami de sa famille, observe lui aussi la scène, redoutant le pire. Lorsqu’il retrouve Havaa, il décide de la mettre à l’abri dans un hôpital abandonné où il ne reste qu’une chirurgienne russe épuisée, Sonja, pour soigner les blessés. Au cours de cinq jours extraordinaires, le monde de Sonja, d’Akhmed et de Havaa bascule. »
Mon avis 

L’histoire d’aujourd’hui se passe pendant la seconde guerre de Tchéchénie. La seconde guerre de Tchétchénie est un conflit armé qui opposa l’armée fédérale russe aux indépendantistes tchétchènes du 26 août 1999 au 6 février 2000, jour de la prise de Grozny, la capitale de la république, par les troupes russes.

Anthony Marra nous plonge au travers de ce conflit par les vies de quelques protagonistes : Havaa, Akhmed, Sonja, Natacha, Ramzan, Khassan, Ula, Dokka. Tous ces noms, tous ces visages nous sont contés à travers leurs histoires. 

« Vie :  une constellation de phénomènes vitaux – organisation, irritabilité, mouvement – croissance – reproduction – adaptation »

Cette fresque humaine, nous dépeint un monde en pleine guerre, un monde où règne, la peur et la misère. Un monde où nos seuls trésors sont nos souvenirs, tout espoir ayant disparu.

Cette tragique et terrible histoire est menée d’une main de maître par la plume poétique d’Anthony Marra. Et si je peux vous faire une confidence, j’ai été happée par cette écriture qui décrit l’humain dans ce qu’il y a de plus profond. Même dans les moments les plus terribles émergent de la grâce et de la poésie.

On s’attache aux personnages dans leur entièreté. Ici, pas de méchants ou de gentils, seulement des humains avec leur force, leur beauté et leurs faiblesses.

On suit les vies de ces personnages et on vogue dans le Temps à travers les années 1994 à 2004. On côtoie leurs secrets, leur détresse, leur courage, et leur joies. On vit avec eux leurs drames et leurs combats.

J’ai été réellement touchée par cette histoire. Toutefois, quelques longueurs ici et là ont retenu ma fougue de lire. C’est un roman avec lequel je voulais prendre mon temps. Ne pas aller trop vite pour m’imprégner de toute sa beauté.

Havaa est une fillette puissante qui pose un regard sur son monde qui est glaçant de vérité. Enfant tout en étant déjà une adulte à part entière. Cette gamine a côtoyé la mort et la peur, l’abandon aussi. 

« Le visage de Havaa se creusa de résignation. Il y avait longtemps, Sonja avait elle aussi connu ça ; elle se souvenait de ce qu’on ressentait à force de s’entendre dire qu’on n’était pas plus brillante que le plus benêt des hommes, pas plus forte que le plus faible des garçons. Avec toutes ces idées qu’on vous mettait dans la tête, l’option « soumission » était le seul choix possible. Sonja s’assit sur le lit à côté de la fillette. Oui, elle se souvenait de ce qu’on ressentait alors, et elle fut pleine d’empathie. »

Chaque personnage, tel qu’il soit, a su me toucher à un moment ou à un autre. Comment rester insensible face à ces êtres qui ont tout perdu pendant la guerre ? 

Alors qu’en 2004 nous étions tous là, bien au chaud dans nos maisons, des centaines de tchétchènes mourraient de faim, de froid et de peur. Ce genre de roman nous confronte à la réalité et nous permet de nous remettre en question sur nos caprices et nos peines. Avec ce roman on relativise, malgré nous, sur notre condition, sur la chance que l’on a de vivre dans un pays en paix.

L’Histoire dans l’histoire, Une constellation de phénomènes vitaux est un ciel étoilé où chaque vie, malgré elle, est liée. Pur hasard ? Je ne pourrais vous répondre. Mais ce que je peux vous dire, c’est qu’à travers cette fresque en guerre, seul compte l’humain. 

EXCELLENTE LECTURE 

th54PC7U8J

signature

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s