Phèdre, de Racine aux éditions du livre poche.

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Cela faisait un petit moment que je n’avais pas lu de pièces de théâtre, et je me demande pourquoi j’ai attendu si longtemps pour en lire ! Il y avait un petit moment que j’avais envie de découvrir la pièce écrite par le célèbre Racine sur Phèdre ; je n’ai pas hésité une seule seconde lorsque ma bibliothèque préférée a mis l’ouvrage en avant dans ses rayonnages (comme une sorte d’appel vous voyez !).


MON AVIS

L’histoire en quelques mots :

Phèdre c’est l’histoire d’un amour secret, d’un amour impossible. Phèdre est la femme du roi Thésée. Celui-ci à un fils, Hippolyte dont Phèdre est totalement amoureuse. Mais cet amour qui déchaîne des passions dans le coeur de la reine, est non-conventionnel : c’est un amour interdit.

Alors quand le roi Thésée est porté disparu, Phèdre voit enfin sa chance venir. Son espoir de pouvoir enfin un jour déclarer sa flamme à l’élu de son coeur est arrivé…

Bien évidemment, Phèdre est une tragédie en cinq actes. Et qui dit tragédie, dit fin morbide (Un pur bonheur !) !

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Les cordes sensibles :

Comment ne pas succomber à cette femme exceptionnelle ?! Phèdre est une reine. Elle est digne et forte, invoque le respect. C’est une femme de pouvoir, une femme forte. Pourtant son talon d’Achille la meurtrie au plus profond de son être… Cela fait des années qu’elle aime en secret le fils de son époux.

Cet amour impossible la consomme à petit feu.

Alors quand son mari est porté disparu, l’occasion est parfaite pour enlever ce poids qui pèse lourd sur son coeur et déclarer sa flamme. Avec l’aide de sa confidente Oenone, elle trouve le courage…

Racine est le premier auteur à avoir mis Phèdre au premier plan dans cette pièce. Traditionnellement c’est Hypolite qui est mit en avant. Et quel plaisir de découvrir les tréfonds de l’âme de cette femme.

Torturée, ses passions la déchaînent dans des monologues en vers tous plus époustouflants les uns que les autres !

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C’est une lecture qui demande de la concentration pour pouvoir comprendre tous les sous-entendus et les non-dits de la langue. De multiples références à des héros et dieux antiques sont évoqués de ci de là, et si on ne s’y connaît pas bien, un petit travail de recherches s’impose (enfin maintenant dans les éditions des livres classiques, beaucoup de Nota Bene nous facilitent la lecture).

C’est un classique. Et c’est un classique que je vous recommande, de un, pour votre culture personnelle. Il me semble important de connaître cette figure phare de la littérature. De deux, pour la beauté du texte, qui retranscrit à merveilles les passions de l’âme.

Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait être affermi ;
Athènes me montra mon superbe ennemi.
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
Par des vœux assidus je crus les détourner :
Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner.
De victimes moi-même à toute heure entourée,
Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
D’un incurable amour remèdes impuissants !
En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
Même au pied des autels que je faisais fumer.
J’offrais tout à ce dieu, que je n’osais nommer.
Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
J’excitai mon courage à le persécuter.
Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
Je pressai son exil, et mes cris éternels
L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
Je respirais, Œnone ; et depuis son absence,
Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence.

On peut parfois penser que Phèdre en fait des tonnes. Qu’elle se plaint inlassablement. Pourtant c’est une plainte digne et royale, sans aucun faux pas.

Et puis, il y a du rebondissement !

L’écriture de Racine est une écriture plutôt imagée, où j’ai pris plaisir facilement à imaginer des acteurs jouer sur scène !

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Pour résumer, Phèdre de Racine est un classique incontournable, qu’il faut lire absolument si on aime les personnages tourmentés, au caractère fort, les histoires d’amour et les tragédies familiales. Même s’il faut être concentré lors de la lecture, pour bien comprendre la langue et le vocabulaire employé, on est vite happé par l’histoire et les dialogues en vers. De la poésie à l’état pure !

EXCELLENTE LECTURE

Alexandre Cabanel - Phèdre - Phèdre (Racine) — Wikipédia:

Lacavernedhaifa

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18 commentaires

  1. Je crois que je l’ai lu quand j’étais à la fac mais j’ai tellement lu de classiques à la chaine que j’ai oublié ! :-/
    Contrairement à toi, je ne suis d’ailleurs pas super fan de théâtre. Du moins j’ai beaucoup de mal à en lire, à ma grande déception d’ailleurs ! Je préfère voir les pièces… disons que mon cerveau a du mal à s’adapter à ce genre de littérature mais je reconnais que ça permet de varier un peu les styles de lecture 🙂 Les pièces qui m’ont le plus marquée sont celles de Shakespeare !

    Aimé par 1 personne

  2. J’aime beaucoup Racine (j’ai d’ailleurs eu l’occasion de lire toutes ses pièces de théâtre). Ma préférée restera Andromaque à tout jamais, mais j’avais beaucoup aimé lire Phèdre. Ton article me donne envie de m’y replonger en tout cas!

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  3. Oh cela me fait plaisir ce que tu dis ! 🙂 Je pense que je vais me faire un petit marathon spécial Racine, cet été peut-être 😉 ! Mais j’ai beaucoup aimé ma lecture en tout cas et ça me donne envie de découvrir d’autres oeuvres de l’auteur 🙂

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  4. Super article !
    Je viens d’acheter cette pièce qui me faisait de l’oeil depuis que j’avais lu Andromaque en seconde et là je suis conquis (je vais d’ailleurs la mettre dans ma liste de livres à lire en priorité).
    Le style de cette époque est sublime bien qu’un peu ardu au premiers abords je dois bien l’avouer 🙂
    De plus je suis particulièrement sensible au côté fort des personnages féminisn dans les textes classiques et le monologue le Phèdre me donne des frissons à chaque lecture.

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  5. Oui c’est sublime ! Je t’avoue que j’avais essayer une première lecture quelques jours avant que j’avais abandonné parce que je sentais que je n’étais pas assez concentrée pour apprécier toute la beauté de l’écriture. Un incontournable à lire au moins une fois dans sa vie ! 🙂 merci de ton passage et ton commentaire 🙂

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